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Blog invité Henk Veldhuizen: Culture de la peur : un bienfait ou un fardeau ?

Gastblog Henk Veldhuizen angstcultuur

 

Toutes les organisations sont focalisées sur le rendement, sur la maximalisation des bénéfices, sur la satisfaction pérenne de leurs actionnaires. Ce n’est pas étonnant, car nous vivons dans une société axée sur l’économie. Tout tourne autour de l’argent et des budgets nécessaires pour faire fructifier le capital disponible et assurer des mécanismes de mise en réserve de fonds propres. De ce point de vue, la focalisation des organisations est un bienfait. Il n’y a rien de mal à cela, car des perspectives économiques satisfaisantes profitent à tout le monde et la poursuite de la maximalisation des bénéfices est plus un bienfait qu’un fardeau.

Quand la maximalisation des bénéfices l’emporte

Mais qu’est-ce qui est suffisant ? Et à quel moment de l’exercice en cours le management est-il sûr de pouvoir réaliser de manière suffisante les objectifs définis ? Cette certitude n’apparaît d’ordinaire qu’à la fin de l’exercice comptable. De nombreuses organisations prennent donc des mesures pour assurer les bénéfices et le rendement. Gestion des risques, réduction maximale des coûts de défaillance et maîtrise des coûts ne sont que des exemples et des expressions de cette recherche de rendement et de maximalisation des bénéfices. Dès que la focalisation sur la maximalisation des bénéfices l’emporte, dans quelque circonstance que ce soit, les inconvénients peuvent dépasser les avantages. En effet, la gestion des risques ou la réduction des coûts de défaillance peut faire qu’on n’ose plus parler ouvertement de l’évolution de projet et de tous ses mérites attendus. Les erreurs ou les doutes sont passés sous silence. Les coûts imprévus ne sont pas notifiés, les pertes futures sont déguisées et j’en passe. Et combien de fois n’arrive-t-il pas que des organisations soient surprises par des résultats négatifs à la fin de l’exercice comptable ?

Plus d’attention à une « culture sans blâme » 

Il y a toujours des « bleeders ». Mais ne sont-ils pas une conséquence de la focalisation sur la maximalisation des bénéfices et des mesures qui sont prises pour assurer les bénéfices et le rendement ? Ne faudrait-il pas accorder plus d’attention à une culture sans blâme ? Une culture où l’on vous encourage à exprimer ouvertement vos doutes et où vous pouvez faire des erreurs, sans que celles-ci vous poursuivent. Pouvoir se montrer vulnérable signifie que l’on peut indiquer à temps que l’état d’avancement s’écarte peut-être des prévisions. Il est alors possible d’appliquer en temps voulu des mesures qui éviteront de nombreux problèmes à long terme. Se montrer vulnérable autorise en plus à faire voir qu’on ne sait pas tout et que personne n’est infaillible.

Les organisations infaillibles n’existent pas

A la lumière de la gestion des risques, la vulnérabilité des personnes et des organisations est une incertitude qu’on souhaite exclure, à la lumière de la maximalisation des bénéfices, c’est une donnée qu’on devrait accepter. Elle permet en effet d’augmenter la probabilité d’assurer le rendement. On voit pourtant trop souvent dans de nombreuses organisations que la peur de se montrer vulnérable l’emporte sur le courage d’exprimer des doutes ou de parler librement des erreurs. Soyons clairs : les organisations infaillibles n’existent pas.

Quand les résultats s’évaporent

Une certaine forme de peur rend plus perspicace, plus attentif et contribue à une exécution optimale et efficace des obligations que l’organisation contracte. A cet égard, la peur est fonctionnelle et acceptable. Mais dès que la peur prend le dessus, l’organisation se crispe et se paralyse. Il semble ainsi pendant l’exercice comptable que la réalisation des objectifs soit dans la bonne voie, mais il apparaît finalement de manière douloureuse que les résultats se sont évaporés. Les causes de ce phénomène sont rarement recherchées par le management dans la culture de l’entreprise. Le management déploie souvent encore plus de moyens instrumentaux techniques pour augmenter et maîtriser le contrôle des personnes et de l’organisation. Cela contribue au développement de la culture de la peur, on s’éloigne finalement des objectifs poursuivis et cela aussi fait peur.

 

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